Historique
Sélectionnez une année :
Francos 2003
Vendredi 18/07 • Scène Pierre Rapsat
Vincent Venet
An Pierlé
Venus
Saez
Ozark Henry
Samedi 19/07 • Scène Pierre Rapsat
Jeff Bodart
Marc Lavoine
Laurent Voulzy
Dimanche 20/07 • Scène Pierre
Ismaël Lo
Jane Birkin
Zazie
Lundi 21/07 • Scène Pierre Rapsat
Magic System
Jean-Louis Aubert
Passagers de la Nuit
En 2003, les Francofolies de Spa fêtaient, non pas leur dixième anniversaire, mais leur dixième édition.
Une dixième édition marquée par l'ajout d'un sixième jour et l'organisation d'un grand hommage à Pierre Rapsat, intitulé « Passagers de la nuit », en clôture de festival.
L'édition 2002 avait été un incroyable succès populaire (120 000 personnes), cette édition anniversaire se devait de faire au moins aussi bien. Et le résultat fut à la hauteur des espérances : plus de 150 000 spectateurs sont venus faire la fête, la plupart des soirées ont affiché complet avant le jour J, et, le Village Francofou n'a pas désempli durant 6 jours, approchant même la saturation certains soirs.
Le festival spadois est devenu incontestablement l'événement musical francophone de l'été !
Place de l'Hôtel de Ville :
Place de l'Hôtel de Ville, sur la scène Pierre Rapsat, c'est une soirée rock à 80% belge qui ouvrait le feu.
Et à la (bonne) surprise générale, elle a fait le plein, prouvant que le public francofou est ouvert à tous les styles et que les artistes belges ont la cote : Vincent Venet, An Pierlé, Venus et Ozark Henry jouent incontestablement dans la cour des grands. Et, cerise sur la gâteau, le français Damien Saez est venu renforcer la soirée pour le bonheur des ados.
Le lendemain, Jeff Bodart présentait son nouvel album avec l'énergie qu'on lui connaît, Marc Lavoine, au sommet de sa forme et de sa popularité séduisait la gent féminine, et Laurent Voulzy, toujours aussi simple en privé et magnifique sur les planches, finissait en beauté avec ses succès de velours. Une soirée qui affichait complet depuis plusieurs semaines.
Le dimanche 20 juillet, après Ismael lo et ses rythmes sénégalais présents dans le cadre de la Journée de la Francophonie, deux artistes au charme irrésistible : Jane Birkin et Zazie. La première a décliné Gainsbourg sur des ambiances orientales avec une grâce irrésistible et sa gentillesse légendaire. La seconde, sur des rythmes électro-rock et maniant un humour bien rôdé, s'est mis le public en poche en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, enchaînant sans temps mort tubes sur tubes.
Le lundi 21 juillet, complet depuis longtemps, l'hommage à Pierre Rapsat se voulait ambitieux mais aussi festif. En ouverture, les ivoiriens de Magic System ont fait danser la foule, suivis par Jean-Louis Aubert qui a littéralement mis le feu à la Place de l'Hôtel de ville (de mémoire de francofou on n'avait encore jamais vu les VIP debout jusqu'au dessus des tribunes !) jusqu'a ce qu'une « drache nationale » vienne rafraîchir l'ambiance. Mais, devant une telle énergie, seul un tremblement de terre serait venu à bout de l'enthousiasme du public.
Le ciel était redevenu serein lorsque Jean-Louis Foulquier, ami fidèle de Pierre Rapsat depuis toujours, introduit d'une manière très émouvante « Passagers de la nuit ».
BJ Scott, David Koven, Perry Rose, Maurane, Salvatore Adamo, Michel Fugain, Philippe Lafontaine, Khadja Nin, Machiavel, Kana, Vincent Taloche, Jeff Bodart et Karin Clercq, Pablo Villafranca ont répondu présent à l'appel et se succèdent pour donner le meilleur d'eux-mêmes dans des conditions pas toujours évidentes. Un tel spectacle est toujours difficile à monter en raison des agendas chargés des uns et des autres mais « Passagers de la nuit » restera dans les annales du festival pour sa charge émotionnelle, sa pudeur et son respect à l'oeuvre et l'esprit de Pierre. Entièrement filmé par la RTBF, il a été rediffusé à plusieurs reprises sur La Deux.
Salle des Fêtes :
Au Casino, en soirée d'ouverture, les corses de I Muvrini furent une fois de plus émouvants et magnifiques. Les toulousains de Zebda eurent un peu plus de mal à convaincre malgré une énergie et un état d'esprit admirables. Pour ouvrir le feu, les belges de Tam Echo Tam, habitués de Spa, avaient usé de tout leur art pour séduire le public attentif.
Le lendemain, Serge Reggiani, diminué physiquement mais extraordinairement touchant, a bouleversé le public, abordant « chaque chanson comme si c'était la première et la dernière» (dixit Sylvain Cormier, dans « Le Devoir » au Québec). En première partie, le jeune et atypique Miam Monster Miam, entouré des « pointures » Jacques Stotzem, Philippe Corthouts et André Klenes, a distillé ses délicates mélodies devant un parterre pas gagné d'avance, mais totalement séduit à l'arrivée.
Troisième et dernière soirée dans la salle des fêtes, Isabelle Aubret et Georges Moustaki. La première – une voix toujours aussi magnifique - nous a gratifié d'un hommage inédit à Jacques Brel de toute beauté (avant une tournée française), tandis que le second, vieux chanteur solitaire et généreux, a ravi ses admirateurs, multipliant les rappels devant une salle bondée, debout, et dansant au son du bouzouki.
Petit Théâtre :
Année 2003, année Brel : outre Isabelle Aubret, quelques jeunes artistes belges ont tenu à rendre hommage en ouverture au « Grand Jacques », autour d'un piano : Damien Hurdebise, Vadim Piankov, Fabrice Sautereau, Marie Chasles, Laurent Horgnies, Lina Tosca. Un hommage pudique, intimiste et touchant.
Avec Yves Duteil, les Francofolies ont inauguré une initiative originale : faire traduire les chansons en langage des signes pour les malentendants. Le chanteur français a accepté de se prêter au jeu, pour le plus grand plaisir du public. L'initiative a été renouvelée avec André Borbé et les Gauff' au suc'.
Le lendemain, Yann Perreau, lauréat québécois du Prix Wallonie Bruxelles Québec (rebaptisé Prix Rapsat Lelièvre en hommage aux deux artistes disparus prématurément), Prix qu'il reçut le lendemain des mains du nouveau Ministre de la Culture de la C.F Daniel Ducarme, surprenait agréablement le public avec son mélange de chanson et de rock, avant de laisser la place à Tom Novembre. Grande silhouette, grand acteur, voix basse, multi instrumentiste, le frère de Charlélie Couture nous raconte des petites histoires quotidiennes, pleines d'humour et de profondeur. Un univers décalé, entre chanson et théâtre.
Les Francos Juniors ont à nouveau fait le plein de familles avec Marc Nicolas, Jacques Haurogné, Jofroi, André Borbé, et un spectacle épatant « Le Petit Bal Perdu de Bourvil » présenté exceptionnellement à 6 reprises au Salon Bleu.
Salon Bleu :
Outre les 6 représentations du Bal de Bourvil, le salon Bleu proposait cette année pas moins de 12 artistes, belge, français ou québécois , de diverses générations, chanson française à tendance « classique » ou « moderne » : Jacques-Ivan Duchesne, Emily, Cloé Dutrefle, Géry Lippman, Le Merle Moqueur, Vincent Delbushaye, Robin, François Spi, Samarabalouf, Fayo, ainsi que les Ateliers Chansons dédiés cette année à ...Brel. Le public a répondu présent chaque soir et le Salon n'a guère désempli des 6 jours.
Village Francofou :
Avec les 36 artistes à l'affiche « officielle », et les 20 du Franc'off, ce sont donc plus de 50 artistes qui se sont produits sur les 2 scènes du Parc, un véritable festival dans le festival !
On retiendra de cette édition, la foule qui s'est pressée tous les jours sans discontinuer au point de décider les organisateurs à agrandir le Village dès 2004 !
Au long de ces 6 jours, il y eut des moments-clés : Machiavel, Gauff' au Suc' (record de monde battu), Jéronimo, Sacrés Belges, Yel, Corneille (brillant en formule acoustique), Mickey 3D, Kana, Camille, Da Familia, Chango (en remplacement de Massilia Sound System), Superbus, Tahiti 80, JD Davis, les Escrocs... Et puis les Belges pour qui les Francos peuvent être un tremplin : Sandrine Collard, Karin Clercq, Starving, Nietschze, Agent 5.1, Tena, Philadelphia, Xaman Ek, sans oublier les - déjà habitués du festival - Kraj, John Arcadius, Priba 2000 ou Arias....
Côté Franc'off, les lauréats furent Alex Onor (chanson), Acta (rock) et Dope Squad (hip hop), trois artistes et groupes que l'on devrait donc retrouver à l'affiche des Francos 2004.
Bars en folie :
Dispersés dans toute la ville, les 11 Bars en folie contribuent largement à l'ambiance chaleureuse et bon enfant qui fait le fierté des Francofolies de Spa. On retiendra la présence et la voix de la québécoise Mélanie Renaud, présente les 6 jours durant, les excès drôlatiques de Dj Didjé, ou encore l'immense qualité musicale de Samarabalouf.
Sans oublier, la discrète présence de Marie Gillain à la terrasse du Grand Café des Thermes le deuxième soir (son petit ami jouait l'après-midi avec Camille au Parc !), et le concert improvisé de Jean-Louis Aubert à l'Auberge après sa prestation extraordinaire de la Place de l'Hôtel de Ville !
2003 : vraiment un édition exceptionnelle

